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Cinquante nuances de bleu du Kawah Ijen

Le Kawah Ijen pourrait s’appeler le volcan arc-en-ciel. Du bleu-violet des flammes au bleu turquoise du lac acide, en passant par le jaune orangé du soufre et le rose du ciel, on ne savait plus où donner de la tête !

Le mont Ijen abrite le lac le plus acide du monde (acide sulfurique) et une grande quantité de soufre pur. C’est l’extrême acidité du lac qui explique sa couleur bleue turquoise. Le soufre ainsi présent dans le sous-sol jaillit de terre à l’état gazeux et s’enflamme en produisant les célèbres flammes bleues, observables la nuit. Le soufre passe ensuite à l’état liquide avant de se cristalliser en concrétions jaunes orangées.

Le soufre ainsi extrait est ensuite chargé et transporté sur les épaules d’hommes courageux, appelés porteurs de soufre. Ils transportent jusqu’à 14 tonnes de matériaux par jour, sans équipement particulier et ont même installé des tuyaux  de convoyage du soufre afin d’accélérer la cristallisation.

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Notre guide, Amine, est un ancien porteur de soufre. On pourrait espérer que l’affluence grandissante des touristes pourrait améliorer les conditions de travail des porteurs mais il n’en est rien. Certains touristes se font même tirés dans des chariotes en bois par deux ou trois porteurs par fainéantise, pour ne pas avoir à monter à pied. Oui, c’est totalement incroyable nous sommes d’accord.

Les porteurs de soufre soit encore moins bien lotis que les tireurs d’êtres (in)humains. Ils portent sur leur dos jusqu’à 100 kilos de soufre à la fois, sans masque, en claquettes et sans aucun équipement de protection au contact d’un minerai hautement dangereux et toxique. Leur espérance de vie ne dépasse pas la cinquantaine d’années à cause des troubles squelettiques, respiratoires et neurologiques engendrés par les émanations de soufre et par le poids des charges qu’ils tractent sur des pentes abruptes.

A ce travail infernal et irrespirable, viennent se mêler les touristes, les magasins de ravitaillement et de souvenirs ainsi que les couleurs magnifiques du Kawah Ijen. Le tourisme développé par les internautes et non pas sous l’impulsion de l’Etat a tout de même permis à de nombreux porteurs de soufre de se reconvertir en guides, photographes, tailleurs de soufre ou encore vendeurs.

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Nos deux guides, dont Amine à droite.

Comme prévu, notre mini bus décolle à 1H du matin de l’hôtel Catimor à Sempol et nous dépose une heure plus tard au camp de base du Kawah Ijen. Nous patientons 15 minutes dans le froid, 5 degrés selon Laura, 10 degrés selon Thomas. Et oui, à la météo, ils disent que c’est la température ressentie le plus important non 🙂 ? Amine et un autre guide nous accompagnent. On ne voit rien car nous sommes totalement dans le noir ! Heureusement que nous avons nos super lampes frontales.

Nous devenons les éclaireurs de la team et il y a du boulot ! Des racines, des trous, de la boue et d’autres surprises nous attendent. Le rythme est rapide, au bout de 15 minutes, il fait 30 degrés pour tout le monde ! On se regarde tous : « il reste encore 1 heure comme ça ? ». Et oui ! Ni le guide, ni l’agence ne nous ont prévenu et une bonne bouteille d’eau n’aurait pas été de refus. On réalise déjà que les porteurs de soufre sont des sur-hommes !

Après 1H15 de montée, nous attaquons la descente qui durera 50 minutes en enfilant les masques à gaz qui nous ont été fournis par les guides au camp de base. Nous sommes nombreux à descendre sur un sentier pas toujours stable. Plusieurs de ceux qui tentent de doubler chutent alors tenez-vous bien. Nous laissons la place aux porteurs qui remontent plus que chargés.

Les blue fires se rapprochent de plus en plus mais à l’arrivée, elles sont cachées par une épaisse fumée blanche. Il est alors impossible de prendre de photos avec notre appareil photo : la scène est beaucoup trop sombre ! On modifie 100 fois la vitesse, l’ouverture et les isos mais rien n’y fait. Autour de nous c’est pareil, seuls les très gros objectifs arrivent à capter les flammes bleues et encore, ils ne sont pas convaincus. Amine attrape le téléphone portable de Thomas et grimpe plusieurs mètres pour capter les flammes bleues. Ce n’est pas très concluant non plus mais nous avons tout de même pu observer de nombreuses flammes violettes et bleues.

En remontant c’est la cohue, nous mettons près d’une heure à rallier le sommet du cratère à cause des différentes files de marcheurs se croisant en sens inverse sur les pentes abruptes.

Mais, à l’arrivée, le soleil se lève sur le lac acide et nous offre un spectacle irréel. Le lac turquoise, les flancs de montagnes jaunes et le ciel rose composent un décor unique au monde que nous ne sommes pas près d’oublier. En redescendant, nous profitons de la fin du lever de soleil sur les volcans qui transpercent la mer de brouillard.

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  • Temps de visite pour l’ascension du Kawah Ijen et le Blue Fire : 7H, entre 1H et 8H du matin

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6 réflexions au sujet de “Cinquante nuances de bleu du Kawah Ijen”

    1. Coucou Nadia Merci beaucoup ! Effectivement la semaine sur Java à été très éprouvante mais arrivés sur Bali depuis samedi on prend beaucoup plus notre temps et on voyage plus lentement, ce qui est vraiment pas mal d’autant que la traversée de l’île en scooter est magnifique 🙂 comment ça va la reprise ? Pas trop dure j’espère. On vous fait des bisous à tous les deux 🙂

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